Amendement de M. Le Coq (LFI) · projet de loi de finances pour 2026
L'amendement n° 2276 de M. Le Coq et l'amendement identique suivant à l'article 11 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026
Le 27 octobre 2025, l'Assemblée nationale a rejeté l'amendement n° 2276 de M. Le Coq et l'amendement identique suivant à l'article 11 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture) par 101 voix pour, 163 contre et 0 abstentions (264 votants sur 577). Ont voté pour, en majorité : LFI (34/71), GDR (2/17), ECO (22/38), SOC (41/69). Contre : LIOT (5/22), DEM (14/36), EPR (29/92), HOR (12/34), DR (19/50), UDR (4/16), RN (77/123), NI (3/9).
Ce que l'auteur de l'amendement explique
« Par cet amendement, le groupe LFI propose de rétablir progressivement la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), dans un premier temps pour les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse un milliard d’euros, avant un élargissement progressif aux entreprises de taille intermédiaire (ETI). La suppression de la part régionale de la CVAE a constitué un nouveau cadeau fiscal aux grandes entreprises. Les chiffres sont sans appel : les deux tiers des gains liés à cette suppression ont bénéficié à 10 000 grandes entreprises, souvent issues des secteurs les plus polluants. Après l’avoir réduite de moitié en 2021 puis en 2023, Sébastien Lecornu annoncé son souhait de la faire disparaître dès 2028, poursuivant une politique de démantèlement fiscale au profit des plus grands groupes. Pourtant, la CVAE ne concernait que les entreprises réalisant plus de 500 000 euros de chiffre d’affaires, et de nombreux régimes d’exonération en limitaient déjà la portée. Cette décision s’inscrit dans une logique de fragilisation des finances locales. En supprimant un impôt dynamique et directement lié à l’activité économique des territoires, l’État a privé les collectivités d’un levier fiscal essentiel. La note de conjoncture sur les finances locales de la banque postale de 2025 démontre que jamais en 15 ans la trésorerie et l’épargne nette des collectivités locales n’ont été aussi faible. La compensation promise est, de surcroît, largement insuffisante, car elle repose sur une moyenne de recettes calculée sur les années 2020 à 2022, période particulièrement défavorable pour la CVAE en raison de la crise sanitaire et économique, avec une chute de recettes de 6 % en 2020. Ce choix affaiblit encore l’autonomie financière des collectivités, pourtant garantie par la Constitution. En parallèle, le Gouvernement justifie ces cadeaux fiscaux au nom de la compétitivité et de l’attractivité économique du territoire. Cet argument ne résiste pas à l’examen. Le Comité d’évaluation du plan France Relance, dans son rapport de janvier 2024 sur la réduction des impôts de production, souligne que la France était déjà le pays le plus attractif d’Europe avant la suppression de la CVAE. Les véritables facteurs d’attractivité sont ailleurs : infrastructures de qualité, services publics performants, formation et compétences des travailleurs. Une fiscalité juste et stable n’est pas un frein, mais une condition de développement équilibré. Enfin, le rapport conjoint du président de la comm »
Exposé sommaire déposé par M. Le Coq (LFI). C'est son argument, cité tel quel.
Texte de l'amendement
Rédiger ainsi cet article : « I. – Le premier alinéa de l’article 1586 ter du code général des impôts est ainsi modifié : « 1° Le montant :« 152 500 € » est remplacé par le montant : « 1 000 000 000 € » ; « 2° Au 1 er janvier 2027, le montant : « 1 000 000 000 € » est remplacé par le montant : « 100 000 000 € » ; « 3° Au 1 er janvier 2028, le montant : « 100 000 000 € » est remplacé par le montant : « 10 000 000 € » ; « 4° Au 1 er janvier 2029, le montant : « 10 000 000 € » est remplacé par le montant : « 1 000 000 € ». « II. – L’article 55 de la loi n° 2022‑1726 du 30 décembre 2022 de finances pour 2023 est abrogé. « III. – Les articles du code général des impôts modifiés par l’article mentionné au II sont rétablis dans leur rédaction antérieure à la publication de la loi mentionnée au II. « IV. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services. »
Le vote de chaque député
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